Dimanche 31 Mai 2020

Dans son édition du Vendredi 29 mai 2020, le journal “Nice-Matin” consacre un article à la reprise des visites guidées et croit bon de mettre à l’honneur…une association de faux guides présentée, dès les premières lignes, comme professionnelle. Cette association se nomme “Via Nissa” : aucun de ses membres ne possède la carte professionnelle de guide-conférencier.

Retour sur un fiasco journalistique auquel les guides-conférenciers sont habitués.

Les journalistes ne s’informent pas assez sur les sujets qu’ils traitent

Réactivité, course au sensationnel, travail dans l’urgence…les contraintes professionnelles qui pèsent sur les journalistes font que ceux-ci ne prennent pas toujours le temps d’approfondir les sujets qu’ils traitent. Beaucoup d’entre eux méconnaissent la profession de guide-conférencier.

Il ne suffit pas de savoir parler de la ville où on a rencontré son compagnon ou sa compagne en Erasmus pour en être le guide…Beaucoup l’ignorent, mais guider est un métier !

Les guides-conférenciers subissent souvent des procès en légitimité portés par de faux guides sans carte professionnelle et leurs alliés objectifs de l’économie du pourboire et du travail dissimulé, les plateformes free-tours. Les guides-conférenciers se voient opposer l’argument ridicule selon lequel seule compte “la satisfaction du client”. Par extension, toutes celles et tous ceux qui ont arraché les dents de lait de leur petit frère sans saignement peuvent prétendre au qualificatif de dentiste local. Le terme de “dentiste local” vaut pour la ville où l’arrachement des dents de lait de votre petit frère s’est produit. Si cet arrachement s’est fait sans hémorragie à Nantes, alors vous pouvez exercer le métier de “dentiste local” dans cette ville. Par contre, vous ne pourrez jamais exercer le métier de dentiste local à Lille à moins que vous n’y fassiez vos preuves d’arracheur de dents sans douleur ni saignement….

Vous l’aurez compris : la satisfaction du client est insuffisante pour faire de vous un professionnel. Et l’expression de “dentiste local” est aussi ridicule que celle de “guide local” employée par nos détracteurs. Un professionnel doit d’abord faire ses preuves dans une Université pour y acquérir une légitimité scientifique et technique qui lui permet, ensuite, d’exercer partout sur le territoire national.

La satisfaction du client vient en aval d’une formation universitaire : elle ne saurait effacer les savoirs, les savoir-faire et les discours scientifiques. Pour donner de la satisfaction au client, autant le faire en lui délivrant un discours scientifiquement exact.  Celles et ceux qui apportent de la satisfaction au client en l’absence d’un discours scientifique ne sont pas des guides : ce sont des clowns, des amuseurs, des plaisantins. Dans toute profession, il y a une vérification a priori de vos connaissances fondamentales : cela s’appelle l’Université.

Que faire ? Comment réagir ?

1- Apprendre à démonter les arguments de nos détracteurs

Les guides-conférenciers doivent prendre le temps de démonter les propos de leurs détracteurs qui ont des discours bien rodés pour semer le doute dans la profession. Les guides-conférenciers doivent garder à l’esprit qu’ils ont une estime professionnelle à défendre. Ils doivent séparer le professionnel de l’affectif.

2-Créer des “meutes numériques”. La profession doit faire bloc sur les réseaux sociaux

Comme pour l’affaire “Discover Walks”, et maintenant pour “Via Nissa”, les guides-conférenciers doivent créer des “meutes numériques”. Deux étapes semblent primordiales.

a) identifier les free-tours, les associations de faux guides et les articles de presse maladroits. Informer les collègues guides-conférenciers sur les groupes Facebook de la profession.

b) lancer des avalanches de commentaires négatifs et responsabilisants sur tous les réseaux sociaux de nos détracteurs : page Facebook, compte LinkedIn, Instagram, Twitter, Trip Advisor, Avis Google. Les guides-conférenciers doivent agir en meute. Cette dernière technique a démontré son efficacité : le week-end qui a suivi le déconfinement, “Discover Walks” a dû retirer son offre free-tour à Montmartre. Nos détracteurs ont peur de la publicité négative car celle-ci les touche directement au porte-monnaie.

3- Exigez un droit de réponse de la part des journalistes




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9 réponses pour “De faux guides pour parler de la reprise des visites guidées à Nice !”

  • Ce qui est scandaleux c’est l’attitude des guides conférenciers. Je les connais bien puisque je réalise plus de 1000 visites par an avec des guides « conférenciers ».
    A paris, 3 visites représentent 80% de l’activité.
    Ces « guides » répètent comme des perroquets toujours le même texte qu’on leur a donné pendant leur « formation ».

    Il existe de très bons guides qui n’ont pas la carte. Une carte ne permet pas de parler correctement anglais. Une carte ne donne pas les capacités de communication et de sympathie nécessaire à ce métier. Je pourrais écrire un livre sur le sujet.

    En France, on délivre des agréments pour n’importe quel métier. Les guides n’y coupent pas. C’est un vrai problème. Qui ne concerne pas que le guidage, malheureusement.

    • Faux ! Un guide qui n’a pas de carte professionnelle est usurpateur. Les très bons guides non cartés n’existent pas : ils n’ont tout simplement pas le niveau pour faire des études universitaires et obtenir la carte professionnelle. Ils devraient faire autre chose plutôt que d’abîmer l’image de la France avec leurs pitreries, leurs erreurs factuelles et leurs approximations. D’ailleurs, vu votre déconsidération et votre jalousie à l’égard des guides-conférenciers, je doute que vous ayiez votre carte professionnelle.

  • Bonjour, nos commentaires ne sont pas des stéréotypes. Lors de nos “formations” que je qualifierais plutôt d’études, minimum 3 ans en université, nous n’apprenons pas de leçons. Nous étudions, recherchons en bibliothèque, en archives, nous personnalisons nos visites et les adaptons au type de public que nous guidons. Nous créons nos visites suivant nos ressentis mais toujours en vérifiant nos sources. Ce sont les “faux guides” qui répètent comme des perroquets et bien souvent anonnent leurs commentaires (souvent issus de recherches Google) lors des visites. Combien de ces pseudo guides prennent la peine de vérifier sur la BnF, Persée… Nous possédons un savoir acquis au fil de nos années universitaires qui nous permet de faire vivre les pierres !

  • Un bon guide n’a pas forcément la carte…mais dois l’avoir. Je veux dire, il y a une différence entre carte et “talent”, mais la carte n’est pas juste là pour être jolie, on a étudié et travaillé pour pouvoir pratiquer ce métier, une personne sans carte est un usurpateur quel que soit le bon retour des visiteurs. Car il y a des choses que l’ont apprend en formation qui n’est pas qqc que l’on peut acquérir par l’expérience. Une personne qui veut pratiquer le métier doit en avoir le diplôme, comme un taxis, un médecin, prof, gendarme etc. Avoir le diplôme ne certifie pas là qualité parfaite d’une visite, mais sans diplôme pas de pratique du métier, voilà tout. C’est à cause de ça que des collègues guides de 35ans se retrouve avec la question absurde de “vous faites quoi comme étude en ce moment”

  • Pour conduire un véhicule, il faut avoir réussi le permis. Pour guider, il faut la carte professionnelle. Toujours tentant de contourner la loi…
    Combien de pseudo-guides viennent piquer les informations données par les conférenciers. Préparer une visite demande un énorme travail, merci les vampires !

  • Je pense que vous vous méprenez sérieusement sur la loi concernant la pratique du guidage et les cartes professionnelles… Je vous invite à faire quelques recherches sur le site legifrance.gouv.fr pour apprendre un peu comment fonctionne légalement votre profession… Allez, je vous aide, c’est dans le code du tourisme et dans le code du patrimoine que vous trouverez ce dont vous avez besoin pour comprendre que c’est votre discours qui est absurde.

    Bien cordialement.

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