Greeters

Depuis 10 ans, outre les free tours, la France est confrontée à une déferlante montante du “fake tourism”, celle des Greeters.

Les Greeters, ce sont de faux guides qui se présentent auprès des touristes et des institutions publiques, dont ils grattent les subventions, comme des “passionnés” animés des meilleures intentions : vous faire découvrir un lieu, un monument ou un espace public. Le tout, évidemment, sans carte professionnelle de guide-conférencier et en ramassant de l’argent liquide après le service sous forme de “dons”.

Explication détaillée.


Greeters : mode d’emploi

Nouveaux venus dans le tourisme, les greeters se présentent auprès des institutions (office de tourisme, régions, départements, mairie) comme des guides bénévoles animés des meilleures intentions : vous faire découvrir un quartier ou une ville “hors des sentiers battus”, autrement dit en dehors de toute explication historique et culturelle sérieuse. Vous l’aurez compris. A l’instar des free tours, les greeters ne sont pas des guides agréés par le ministère de la Culture et du Tourisme : pas de carte professionnelle, aucune vérification des pré-requis et des diplômes, rien !

De plus, l’activité des greeters n’a rien de désintéressée. La gratuité n’est qu’un leurre. Les greeters sont souvent les rabatteurs des commerces de centre-ville. Les parcours qu’ils construisent n’ont aucun intérêt patrimonial et historique : ils suivent des itinéraires qui sont autant de points d’étape vers les boutiques avec lesquelles ils ont des accords. En somme, rien ne différencie le greeter d’un plan de centre commercial, sauf peut-être la fixation. Le greeter est ambulant, le plan du centre commercial est fixe, solidement mis en évidence à l’entrée d’un bâtiment sur un écran lumineux avec des touches fluorescentes. Greeters, free toursassociation Via Nissa : beaucoup de faux guides pullulent dans les principales villes de France dans l’indifférence générale des pouvoirs publics.



Un modèle économique pervers

Un coup d’oeil sur le modèle économique des Greeters permet de tomber sur des données hallucinantes. L’organisation Greeters compte deux lignes de revenus:

  • les subventions publiques (dernièrement les Greeters parisiens ont perçu 10 000 €)
  • les dons (en 2018, les Greeters new yorkais ont récolté 780 000 $ de dons lesquels échappent à l’impôt et aux cotisations sociales).
  • ZERO dépense en communication : les Greeters font en sorte que celles-ci soient prises en charge par les offices de tourisme et les CDT (Comité départemental du tourisme), autrement dit par l’argent du contribuable.

De plus, les comptes bancaires des Greeters sont domiciliés à l’étranger.

Les greeters ne sont pas des bénévoles : ce sont des gratteurs d’aides publiques qui pratiquent l’entrisme auprès des institutions. Les associations de greeters utilisent l’argent des contribuables, c’est à dire l’argent des professionnels du tourisme qui s’acquittent de leurs impôts en France, pour faire la promotion de leurs visites. Comme ici auprès de l’office de tourisme de Cannes.

Greeters Cannes
L’argent public finance la communication des faux guides

Réunis en associations sans but lucratif, les greeters ont une activité qui est loin d’être désintéressée : ils reçoivent des aides publiques en communication, et perçoivent auprès des visiteurs des dons qui échappent à toute fiscalité et à toute cotisation sociale. Greeters are not free, they are greedy !

Liste des Offices de Tourisme indignes !

Les Greeters représentent une véritable entreprise économique. Leur objectif est d’entrer dans les offices de tourisme et d’en déloger les professionnels en déconsidérant les discours scientifiques, les diplômes et les formations qui méritent une juste rétribution, c’est-à-dire des salaires et des honoraires. Ils se présentent, d’ailleurs, avec une charte de bonne pratique, c’est-à-dire avec leurs propres conditions. A-t-on déjà vu un marabout entrer dans un cabinet médical avec sa propre charte et imposer à des professionnels diplômés la façon dont il envisagerait l’accomplissement de certains actes médicaux ? Et insulter ces mêmes professionnels en leur disant qu’ils n’ont aucun respect de la vie humaine parce qu’ils facturent leurs actes ?

Dernièrement, les guides-conférenciers se sont mobilisés pour dénoncer la communication publique faite aux Greeters par plusieurs opérateurs touristiques, comme à Sélestat, en Alsace, à Caen, en Normandie, à Bordeaux, en Nouvelle-Aquitaine, et à Nice dans la région Sud.

Greeters Nice : la palme de l’indignité à l’Office Tourisme Nice

A ce jour, l’Office Tourisme Nice est l’un des opérateurs qui est allé le plus loin dans le financement public des faux guides :

  • site internet dédié et financé par l’Office Tourisme Nice
  • Les réseaux sociaux de l’Office Tourisme Nice relaient abondamment la communication des Greeters
  • L’Office Tourisme Nice a un community manager (gestionnaire des réseaux sociaux) qui répond aux professionnels du tourisme par des “copier-coller” et qui a intégré tous les éléments de langage de ces faux guides que sont les Greeters.
Nice Greeters
Les pratiques honteuses de l’OT de Nice : promotion des faux guides

Greeters Cannes : honte à l’Office de Tourisme de Cannes

Greeters Cannes
L’argent public finance la communication des faux guides

Honte à l’Office de Tourisme de Lyon

Alsace : Honte à l’Office de Tourisme Sélestat Haut-Koenigsberg

Greeters
L’Office de Tourisme fait la publicité des Greeters sur les réseaux sociaux.

Honte à l’Office de Tourisme de Paris et à son robinet à subventions

Je subventionne de partout…tel est le crédo de l’office de Tourisme de Paris qui dépense allégrement pour financer tout et son contraire. Ainsi, le client peut il tout à la fois réserver un Greeter comme un guide-conférencier : affligeant !

Greeters
L’Office de Tourisme de Paris subventionne tout et son contraire : open-bar pour les faux guides

Honte à l’Office de Tourisme de Rouen

Greeters Rouen
Publicité pour les faux guides avec l’argent public

L’indignité de l’office de Tourisme de Mulhouse

Greeters
L’argent public finance la communication des faux guides

L’indignité de l’office de Tourisme de Grenoble

Greeters
Publicité pour les faux guides avec l’argent public

L’indignité de l’office de Tourisme de Toulouse

Greeters
Publicité pour les faux guides Greeters avec l’argent public

Honte au CDT des Côtes d’Or

Greeters
Publicité pour les faux guides

Honte à l’office de tourisme de Béziers



La réplique des guides-conférenciers professionnels

Face à déferlante des Greeters, les guides-conférenciers ont lancé plusieurs opérations qui ont pris la forme d’alerte sur les réseaux sociaux, comme pour le cas de l’office de tourisme de Nice et de l’office de Sélestat et, aussi, de campagnes de presse. Les guides conférenciers travaillent d’un bout à l’autre du territoire et exercent une veille sur les pratiques professionnelles des opérateurs touristiques publics : office de tourisme, CDT, CRT, APIDAE.

Les guides professionnels, qu’ils soient salariés, vacataires, auto-entrepreneurs ou indépendants, payent des impôts dans le cadre de leur activité (impôt sur le revenu, CFE, TVA). Et ils en ont assez de voir que le produit de ceux-ci sert à financer les campagnes de communication de ces faux guides dans le cadre des institutions publiques.

A l’heure où la demande en visites guidées se raréfie et où bon nombre de guides professionnels ne sont éligibles à aucune aide, les pouvoirs publics se doivent de montrer l’exemple. Ils doivent cesser de financer les amusements des greeters. Aussi, les guides-conférenciers en appellent à ce que les greeters soient mis à la porte de toutes les institutions publiques : offices de tourisme, mairie, CDT => DEHORS ! 

L’argent public doit aller en priorité aux professionnels qui se sont investis dans des études et ont obtenu des diplômes, soit en formation initiale, soit dans le cadre de la VAE. L’argent public doit financer en priorité les institutions garantes d’une véritable professionnalisation comme les Universités et les écoles, ainsi que les personnes qui sont diplômées de celles-ci. Les institutions publiques se doivent de respecter les touristes qui sont, aussi, des contribuables en droit d’avoir face à eux des guides professionnels. Halte au financement public de l’amateurisme ! Halte à la dévalorisation de la culture ! Priorité aux professionnels et à la professionnalisation !



Les guides conférenciers dénoncent les pratiques indignes des offices de tourisme dans la presse écrite grand public

Les guides conférenciers dénoncent les pratiques des institutions publiques dans la presse touristique spécialisée







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