Les professionnels de la culture et du tourisme n’en finissent pas de lutter contre les usurpateurs. Après s’être mobilisés contre les free-tours et autres amuseurs de rue qui se répandent à Marseille et à Paris, les guides-conférenciers font désormais face à une nouvelle vague du “fake tourism” : les greeters.




1- Les greeters : de faux guides #greetersarecheaters

Nouveaux venus dans le tourisme, les greeters se présentent auprès des institutions (office de tourisme, régions, départements, mairie) comme des guides bénévoles animés des meilleures intentions : vous faire découvrir un quartier ou une ville “hors des sentiers battus”, autrement dit en dehors de toute explication historique et culturelle sérieuse. Vous l’aurez compris. A l’instar des free tours, les greeters ne sont pas des guides agréés par le ministère de la Culture et du Tourisme : pas de carte professionnelle, aucune vérification des pré-requis et des diplômes, rien !

De plus, l’activité des greeters n’a rien de désintéressée. La gratuité n’est qu’un leurre. Les greeters sont souvent les rabatteurs des commerces de centre-ville. Les parcours qu’ils construisent n’ont aucun intérêt patrimonial et historique : ils suivent des itinéraires qui sont autant de points d’étape vers les boutiques avec lesquelles ils ont des accords. En somme, rien ne différencie le greeter d’un plan de centre commercial, sauf peut-être la fixation. Le greeter est ambulant, le plan du centre commercial est fixe, solidement mis en évidence à l’entrée d’un bâtiment sur un écran lumineux avec des touches fluorescentes. Greeters are cheaters !



2- Les greeters sont des gratteurs d’aides publiques #greetersaregreedy

Les greeters ne sont pas des bénévoles : ce sont des gratteurs d’aides publiques qui pratiquent l’entrisme auprès des institutions. Les associations de greeters utilisent l’argent des contribuables, c’est à dire l’argent des professionnels du tourisme qui s’acquittent de leurs impôts en France, pour faire la promotion de leurs visites. Comme ici auprès de l’office de tourisme de Cannes.

Réunis en associations sans but lucratif, les greeters ont une activité qui est loin d’être désintéressée : ils reçoivent des aides publiques en communication, et perçoivent auprès des visiteurs des dons qui échappent à toute fiscalité et à toute cotisation sociale. Greeters are not free, they are greedy !



3- Les guides professionnels en ont assez de payer pour les faux guides et les rabatteurs !

Les guides professionnels, qu’ils soient salariés, vacataires, auto-entrepreneurs ou indépendants, payent des impôts dans le cadre de leur activité (impôt sur le revenu, CFE, TVA). Et ils en ont assez de voir que le produit de ceux-ci sert à financer les campagnes de communication de ces faux guides dans le cadre des institutions publiques.

A l’heure où la demande en visites guidées se raréfie et où bon nombre de guides professionnels ne sont éligibles à aucune aide, les pouvoirs publics se doivent de montrer l’exemple. Ils doivent cesser de financer les amusements des greeters. Aussi, les guides-conférenciers en appellent à ce que les greeters soient mis à la porte de toutes les institutions publiques : offices de tourisme, mairie, CDT => DEHORS ! L’argent public doit aller en priorité aux professionnels qui se sont investis dans des études et ont obtenu des diplômes, soit en formation initiale, soit dans le cadre de la VAE. L’argent public doit financer en priorité les institutions garantes d’une véritable professionnalisation comme les Universités et les écoles, ainsi que les personnes qui sont diplômées de celles-ci. Les institutions publiques se doivent de respecter les touristes qui sont, aussi, des contribuables en droit d’avoir face à eux des guides professionnels. Halte au financement public de l’amateurisme ! Halte à la dévalorisation de la culture ! Priorité aux professionnels et à la professionnalisation !





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